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Titre : Les Fragiles
Nature : installation de 30 sculptures en céramique
Dimensions : 40 x 20 x 20 cm chaque élément
Caractéristiques techniques : tirage numérique, ensemble de 8 photos
Date : 2007
Prix : 600 euros pièce
Des formes en céramique sont posées au sol de manière ordonnée : en ligne, en arc de cercle, en singleton ou en binôme. Ces groupes évoquent des chaînes de montage ou de tri, ou un atelier peut-être. Certaines sont isolées et posées sur la tranche comme prise à part pour un examen plus poussé. La forme de ces corps ressemble aux flo-pak – ces petits éléments de calage en polystyrène qui absorbent les chocs et comblent les vides. Ils permettent justement de transporter des éléments fragiles comme la céramique.
Nommer ces formes « les fragiles » permet d’entendre l’enjeu qu’ils portent en eux. D’une quarantaine de centimètres de long sur vingt de large et de hauteur, ils sont beaucoup plus gros que des flo-pak. Ces sont des corps massifs. Mais ont-ils une propension à absorber les chocs ?
Les fragiles se protègent eux-mêmes de leur propre fragilité. Ils sont en même temps la cause et la résultante de leur propre présence. S’ils se protègent d’eux-mêmes c’est bien qu’ils peuvent générer leurs propres chocs. Ils sont à la fois épicentre et hypocentre et ont leur propension à absorber leur propre séisme, ne serait-ce que par leur cuisson à 980 °C. Le fragile est sa propre onde de choc. Il est un séisme auto absorbé. Quelques fêlures sont d’ailleurs visibles.
Si les flo-pak enveloppent un objet pour le protéger – le spectateur ici est amené à circuler autour des groupes de fragiles disposés au sol. Qui enveloppe qui ? Qui protège qui ?
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